Figure reconnue du monde des affaires et de l'entrepreneuriat camerounais, Alice Maguedjio a marqué les esprits lors de la deuxième édition de Héritages & Horizons, tenue le 12 septembre dernier au Palais des congrès de Montréal. Invitée d'honneur de cette rencontre consacrée à la transmission, au leadership et à l'héritage culturel, elle a livré une intervention passionnée, mêlant convictions personnelles, références aux traditions bantoues et réflexion sur les défis auxquels sont confrontées les familles africaines de la diaspora.
Devant un auditoire attentif, la femme d'affaires a exhorté les femmes bantoues à préserver les valeurs qui ont longtemps fondé la solidité des familles et des communautés africaines. Insistant sur la responsabilité individuelle, le sens du devoir, la transmission des repères culturels et l'importance de ne pas perdre ses racines, elle a lancé un vibrant appel à la prise de conscience. Un discours sans détour, qui a suscité de nombreuses réactions et alimenté les échanges parmi les participants.
« Chacun de nous a une mission. Si vous ne remplissez pas cette mission, vous passez à côté de l'essentiel. Apprenez le détachement. Lorsque vous avez acquis des biens matériels, demandez-vous-en quoi vous êtes utiles aux autres.
J'ai été profondément attristée en voyant les vidéos de cet homme qui avait acheté une corde pour mettre fin à ses jours. C'est ce qui m'a poussée à adresser ce message aux femmes bantoues. Arrêtez de vouloir être quelqu'un d'autre.
Femmes bantoues, comment en sommes-nous arrivées là ? Savez-vous que, dans notre tradition, la véritable femme bantoue était celle qui pouvait porter de l'huile sur sa tête pour aller chercher sa coépouse ?
Avez-vous conscience de la responsabilité que nous portons lorsqu'un homme quitte sa famille, vient demander votre main et verse une dot, puis qu'il est tellement accablé qu'il finit par vouloir mettre fin à ses jours ?
Je souhaite que les femmes continuent de conquérir le monde. Mais n'oublions jamais que notre premier devoir est aussi de préserver la stabilité et la sécurité de nos familles. Pourquoi nos femmes sont-elles aujourd'hui autant exposées et livrées à la critique ?
On me parlera des féminicides, qui sont une réalité dramatique. Mais ce que nous ne devrions pas copier de l'Occident, c'est cette volonté permanente de vouloir opposer l'homme et la femme dans une logique d'égalité qui efface leurs complémentarités.
Nous devons pouvoir dire que nous sommes bantous et que nous avons à cœur de veiller sur nos familles, en nous assurant que notre foyer est uni, que notre mari et nos enfants vivent dans la paix et la sécurité.
C'est en cela que je suis fière d'être une femme. Je ne me définirai pas parce que je possède autant de terres que mon mari ou parce que j'ai construit autant d'immeubles que lui. Notre héritage nous enseigne que la femme est la protectrice de la famille. Elle donne la vie ; elle ne doit jamais contribuer à la détruire. »