Leadership
Fille d'immigrants, première femme à la barre du Port de Québec
Première femme à diriger le Port de Québec, Olga Farman incarne un leadership québécois où se rencontrent diversité, gouvernance, commerce international et puissance économique.
Née à Rivière-du-Loup de parents iraniens, Olga Farman porte une histoire qui résonne particulièrement avec la mission de Diversité Magazine : celle d’une diversité profondément enracinée au Québec, qui participe pleinement aux lieux où se prennent les grandes décisions économiques.
Le Port de Québec en chiffres
26,8 M
tonnes manutentionnées en 2025
1,7 G$
de modernisation sur dix ans
12 000
emplois liés à l’écosystème maritime
Une Québécoise aux racines iraniennes
Ses parents se sont établis dans le Bas-Saint-Laurent dans les années 1960, avant la révolution islamique en Iran. Elle a grandi au Québec tout en conservant un lien assumé avec ses racines. En 2022, elle a d’ailleurs dédié un prix de leadership féminin aux femmes d’Iran. Cette double appartenance rappelle que la diversité québécoise n’est pas seulement culturelle : elle est aussi professionnelle, institutionnelle et économique.
Du droit des affaires à la direction d’une infrastructure stratégique
Olga Farman est titulaire d’un baccalauréat en droit et d’un MBA en gestion des entreprises de l’Université Laval. Avant de prendre la tête du Port de Québec en février 2025, elle était associée directrice du bureau de Québec de Norton Rose Fulbright et membre du comité de direction pancanadien du cabinet.
Son expertise s’est construite autour du droit des affaires, de la gouvernance, de l’éthique, de la propriété intellectuelle, des sciences de la vie et de la santé. Elle a aussi siégé à plusieurs conseils d’administration majeurs.
Sa nomination comme présidente-directrice générale du Port de Québec marque un tournant : elle devient la première femme à occuper cette fonction et passe de la gouvernance et du conseil stratégique à la direction d’une infrastructure essentielle au commerce canadien.

À la barre d’une véritable machine économique
Un port n’est pas seulement un lieu où arrivent et repartent des navires. C’est un maillon de la chaîne d’approvisionnement, un point de connexion avec les marchés mondiaux et un outil de compétitivité pour les entreprises.
En 2025, le Port de Québec a manutentionné 26,8 millions de tonnes de marchandises. L’écosystème maritime de Québec est associé à environ 12 000 emplois et à quelque 2 milliards de dollars de retombées économiques. Les marchandises qui y transitent représentent une valeur commerciale annuelle de plus de 15 milliards de dollars.
Derrière ces chiffres se trouvent des entreprises, des travailleurs, des investissements et des chaînes logistiques. Diriger le Port de Québec, c’est donc participer directement à la circulation de milliards de dollars de valeur économique.
1,7 milliard $ pour moderniser le Port
La première année d’Olga Farman à la direction a aussi été marquée par un projet d’une ampleur historique : un plan de modernisation des infrastructures critiques de 1,7 milliard de dollars sur dix ans.
Le programme vise la pérennité, la sécurité et la performance des installations portuaires. Il doit permettre de reconstruire et de moderniser des infrastructures vieillissantes, d’améliorer leur résilience et de préparer le Port aux transformations technologiques et environnementales des prochaines décennies.
Pour Diversité Magazine, ce chiffre mérite d’être regardé autrement : 1,7 milliard de dollars d’investissements signifie aussi des contrats, des fournisseurs, des professionnels, des travailleurs spécialisés et des occasions d’affaires.
Une première année sous le signe de la performance
Le bilan 2025 du Port fait état d’une activité soutenue. Les 26,8 millions de tonnes de marchandises transbordées étaient en hausse par rapport à 2024. Le Port a également poursuivi ses projets de modernisation, de verdissement et de diversification.
Ces résultats interviennent dans un contexte mondial complexe : tensions géopolitiques, reconfiguration des chaînes d’approvisionnement, transition énergétique et recherche d’une plus grande résilience économique. Le port devient ainsi un actif stratégique pour la capacité d’un territoire à commercer avec le monde.
Quand la diversité accède aux lieux de décision
Le parcours d’Olga Farman prend une dimension supplémentaire lorsqu’on le replace dans les statistiques canadiennes sur le leadership.
Les femmes demeurent sous-représentées dans les postes de haute direction. Statistique Canada indiquait qu’elles occupaient 30,8 % des postes de cadres supérieurs au Recensement de 2021. Au Québec, cette proportion était de 29,7 %. Au premier trimestre de 2026, les femmes représentaient en moyenne 38,8 % des postes de haute direction dans l’ensemble des entreprises du secteur privé.
La progression existe, mais l’écart demeure. Statistique Canada constate également que les personnes immigrantes et racisées sont sous-représentées dans les fonctions de gestion par rapport à leur poids parmi les travailleurs.
Fille d’immigrants iraniens, Québécoise née en région, femme, avocate et dirigeante, Olga Farman se retrouve aujourd’hui à la tête d’une organisation dont les décisions touchent directement le commerce, l’investissement et l’emploi.

Un leadership construit bien avant le Port
La nomination d’Olga Farman n’est pas apparue de nulle part. Son parcours est jalonné de responsabilités et de distinctions.
L’Université Laval l’a reconnue parmi ses grandes diplômées. Elle a reçu le prix Hermès de carrière, la distinction d’Avocate émérite du Barreau du Québec et a été nommée parmi les 100 Canadiennes les plus influentes par le Réseau des femmes exécutives. Elle s’est aussi investie dans la gouvernance de grandes organisations et dans plusieurs causes communautaires et philanthropiques.
Le Barreau du Québec a notamment souligné son engagement envers l’inclusion, la diversité et le mentorat de jeunes femmes. Accéder à un poste de pouvoir est une réussite; contribuer à ouvrir la voie à d’autres transforme cette réussite individuelle en impact collectif.
La diversité comme force économique
Diversité Magazine veut précisément mettre en lumière cette réalité : la diversité ne doit pas être enfermée dans les seules questions d’intégration ou de représentation. Elle doit aussi être racontée en termes de pouvoir économique, de gouvernance, d’investissement, de création de richesse et de prise de décision.
Olga Farman incarne cette évolution. Elle ne dirige pas le Port de Québec parce qu’elle est une femme issue de la diversité; elle le dirige en raison d’un parcours, de compétences et d’une expérience reconnus. Mais le fait qu’une femme québécoise aux racines iraniennes occupe aujourd’hui une telle fonction reste porteur d’un message puissant sur l’évolution de notre société.
Olga Farman : une femme à la barre de l’économie
Son histoire relie plusieurs mondes : le Bas-Saint-Laurent et l’Iran, le droit et les affaires, la gouvernance et l’opérationnel, la communauté et le commerce international.
Aujourd’hui, Olga Farman se trouve à la barre d’une organisation qui voit transiter des dizaines de millions de tonnes de marchandises et des milliards de dollars de valeur commerciale, tout en pilotant un programme d’investissement historique.
La diversité atteint toute sa force lorsqu’elle participe aux décisions, aux investissements et à la création de richesse.
À travers Olga Farman, c’est aussi une image du Québec économique contemporain qui se dessine : un Québec ouvert sur le monde, capable de faire une place aux talents de toutes origines et de confier ses grandes responsabilités à celles et ceux qui ont démontré leur capacité à bâtir, à rassembler et à diriger.