Entrepreneuriat
Iseline Gandaho, l'immigrante qui veut maintenant transmettre
Partie du Bénin sans réseau au Canada, Iseline Gandaho affirme aujourd'hui être à la tête de 54 millions de dollars d'actifs. Son histoire illustre un phénomène économique plus large : la place grandissante des entrepreneurs immigrants dans la création de richesse et d'emplois au Canada.
Notre équipe a le privilège de travailler et de rendre régulièrement des services à plusieurs leaders, entrepreneurs et personnalités inspirantes au Canada. Cette proximité professionnelle nous permet de découvrir, derrière l’image publique, des femmes et des hommes qui travaillent, prennent des risques, bâtissent des entreprises et contribuent, chacun à leur manière, à transformer leur environnement.
Parmi les personnalités qui nous marquent particulièrement se trouve Iseline Gandaho : une femme et une entrepreneure exceptionnelle. Ce qui nous interpelle chez elle n’est pas uniquement ce qu’elle possède ou ce qu’elle a réussi à bâtir aujourd’hui. C’est surtout le chemin parcouru pour y arriver. Car avant les millions, il y a eu l’immigrante. Avant les entreprises, il y a eu les études et le travail. Avant le patrimoine immobilier, il y a eu un premier duplex.
Du Bénin au Canada : construire à partir de peu
Iseline Gandaho est originaire du Bénin. Son histoire canadienne ne commence ni avec un important capital financier ni avec un puissant réseau d’affaires. Sur son site, elle raconte être arrivée au Canada sans réseau et avoir progressivement construit son parcours à travers les études, le travail, l’entrepreneuriat et l’investissement.
L’un des épisodes qu’elle met elle-même en avant résume bien cette progression : ses premiers pas dans l’immobilier. Elle nous explique avoir investi 8 000 $ de mise de fonds pour acquérir un duplex étudiant d’une valeur de 180 000 $. Ce premier investissement devient une école grandeur nature. Il faut apprendre le financement, comprendre le marché, gérer les risques, développer des stratégies et, surtout, recommencer.
Plus de deux décennies plus tard, son site officiel fait état d’un portefeuille représentant 54 millions de dollars d’actifs. Une précision s’impose : ce montant est communiqué par Iseline Gandaho et ses organisations. Il s’agit donc d’une donnée déclarée et non d’une évaluation indépendante de sa fortune personnelle.
Mais au-delà du montant, c’est la trajectoire qui impressionne : celle d’une immigrante africaine qui a progressivement transformé un premier investissement immobilier en un véritable parcours entrepreneurial.
Étudier pour mieux entreprendre
Chez Iseline Gandaho, l’entrepreneuriat semble indissociable de l’apprentissage. Elle affirme avoir consacré douze années à ses études universitaires et obtenu huit diplômes universitaires. Mais l’apprentissage ne s’est pas arrêté avec les diplômes. Elle a continué à investir dans des formations, du mentorat et différents programmes consacrés aux affaires, à l’immobilier, au leadership et au développement personnel.
Elle a notamment annoncé en 2025 avoir consacré plus de 120 000 $ à sa propre formation au cours de l’année, une démarche qui illustre l’une des convictions qu’elle transmet régulièrement : on ne peut pas demander à son entreprise de grandir si l’entrepreneur cesse lui-même de progresser.
Sans discipline, le potentiel reste inexploité.

L’immobilier, mais pas seulement
Réduire Iseline Gandaho à l’immobilier serait pourtant passer à côté d’une partie importante de son parcours. Elle évolue à la croisée de plusieurs univers : entrepreneuriat, immobilier, éducation, formation, coaching, conférences et transmission.
Elle est notamment fondatrice de l’École Montessori de Gatineau et a développé différentes initiatives entrepreneuriales et éducatives. Elle se présente également comme professeure-chercheuse universitaire, auteure, conférencière internationale, animatrice, entrepreneure et investisseuse. Elle est notamment l’auteure de Riche ou Pauvre, un ouvrage dans lequel elle aborde l’éducation financière et les choix qui peuvent conduire à une plus grande autonomie économique.
Son parcours démontre ainsi qu’une entrepreneure peut bâtir dans plusieurs secteurs tout en conservant un fil conducteur : créer de la valeur et transmettre des connaissances.
De la réussite personnelle à la transmission
C’est probablement ici que commence le chapitre le plus intéressant de son histoire. Parce qu’une fois les entreprises développées et les investissements réalisés, une question se pose : que fait-on de l’expérience acquise ?
Iseline Gandaho semble avoir choisi la transmission. Conférences, formations, mentorat, coaching, publications et événements occupent désormais une place importante dans ses activités. Son concept « Du Rêve aux Millions » en est l’une des illustrations. En juin 2025, l’événement a notamment été présenté au Palais des congrès de Montréal autour de l’entrepreneuriat, de l’investissement et de la liberté financière, avec plusieurs personnalités du monde des affaires annoncées au programme.
Elle a également poursuivi en 2026 ses activités de formation et d’accompagnement autour de l’investissement immobilier. L’objectif dépasse alors la simple démonstration de réussite : il s’agit de donner des outils à ceux qui souhaitent eux-mêmes entreprendre, investir et bâtir.
20 000 $ pour aider une autre personne à bâtir son patrimoine
Un geste récent illustre particulièrement cette volonté de transmission. Dans le prolongement de Du Rêve aux Millions, Iseline Gandaho avait annoncé qu’une participante bénéficierait d’un financement de 20 000 $ destiné à accélérer la construction de son patrimoine immobilier. À cette aide financière devait également s’ajouter un accompagnement pendant douze mois avec Iseline et une équipe annoncée de plusieurs experts.
Le symbole est puissant. Parce qu’il ne s’agit plus simplement de raconter : « J’ai réussi. » Il s’agit désormais de demander : « Comment puis-je utiliser ce que j’ai appris pour aider quelqu’un d’autre à réussir ? » Et c’est peut-être cette transition qui définit le mieux la nouvelle étape de son parcours.
Le parcours d’Iseline raconte aussi celui de l’immigration
Il serait toutefois dommage de regarder le parcours d’Iseline Gandaho uniquement comme une réussite individuelle. Son histoire soulève une question beaucoup plus large. Quelle est la véritable contribution économique des immigrants au Canada ?
Dans le débat public, l’immigration est régulièrement abordée sous l’angle des besoins en logements, des services publics, de la démographie ou de la pénurie de main-d’œuvre. Mais une autre dimension mérite autant d’attention : les immigrants créent également des entreprises, des emplois, des investissements et de la richesse.
L’entrepreneuriat immigrant au Canada
32 %
des propriétaires d’entreprises avec employés sont des immigrants
800 000
travailleurs autonomes immigrants, dont 250 000 emploient d’autres personnes
46 000
immigrants occupent un poste de haute direction
Ces données changent considérablement la manière dont on peut regarder l’immigration. L’immigrant n’est pas uniquement un travailleur venu occuper un poste vacant. Il peut devenir employeur. Il peut devenir investisseur. Il peut devenir propriétaire d’entreprise. Il peut devenir dirigeant. Il peut devenir créateur de richesse.
Dans certains secteurs, plus de la moitié des entrepreneurs sont immigrants
La contribution est encore plus frappante lorsqu’on examine certains secteurs. Selon les données gouvernementales portant sur les propriétaires d’entreprises ayant du personnel, les immigrants représentent notamment environ 56 % des propriétaires dans le transport par camion; 53 % dans la restauration; 52 % dans les épiceries; 49 % dans la conception de systèmes informatiques et les services connexes; 43 % dans les cabinets de dentistes; et 40 % chez les éditeurs de logiciels.
Dans certains pans de l’économie canadienne, les immigrants ne constituent donc pas une présence marginale. Ils sont au cœur de l’activité économique. Ils créent leur propre emploi, mais surtout, plusieurs créent également l’emploi des autres.
Près d’un Canadien sur quatre est immigrant
Cette contribution doit aussi être replacée dans le contexte démographique canadien. Selon le Recensement de 2021 de Statistique Canada, 23 % de la population canadienne était composée d’immigrants ou de résidents permanents, soit près d’une personne sur quatre. Cette proportion était alors la plus élevée parmi les pays du G7.
Statistique Canada projette par ailleurs que les immigrants pourraient représenter entre 29,1 % et 34,0 % de la population canadienne en 2041, selon différents scénarios. Cela signifie que parler de l’avenir économique du Canada sans parler de l’apport économique des immigrants deviendra de moins en moins pertinent. La diversité n’est plus seulement une réalité culturelle canadienne. Elle est aussi une force économique.
Réussir, puis faire réussir
Il existe plusieurs façons de mesurer la réussite. On peut compter les dollars. On peut compter les immeubles. On peut compter les entreprises. On peut compter les diplômes. Mais peut-être faut-il également compter le nombre de personnes que notre réussite permet de faire avancer.
Son histoire nous rappelle également pourquoi le regard porté sur l’immigration doit continuer d’évoluer. Les immigrants entreprennent. Ils investissent. Ils innovent. Ils embauchent. Ils créent des entreprises. Ils contribuent aux finances publiques. Ils développent des réseaux et participent à la création de richesse collective.
Iseline Gandaho est l’un de ces visages. Une femme partie du Bénin avec peu de repères au Canada, devenue entrepreneure et investisseuse multimillionnaire, qui, après avoir construit son propre chemin, veut désormais contribuer à en ouvrir d’autres. Et c’est peut-être là que se trouve la plus belle définition de la réussite : partir avec peu, bâtir beaucoup… puis transmettre suffisamment pour permettre à d’autres de bâtir à leur tour.