Enseignant-chercheur pluridisciplinaire, conférencier et fervent défenseur d'une image positive du continent africain, Lascony Nysymb était l'un des invités de marque de la deuxième édition de Héritages & Horizons, organisée le 12 septembre 2026 au Palais des congrès de Montréal. Habitué à porter un regard résolument optimiste sur l'Afrique, il a une nouvelle fois plaidé pour un changement de récit autour du continent, tout en saluant la vision portée par Serge Waka et son équipe. Au micro de Diversité Mag, il revient sur son engagement, son attachement à Héritages & Horizons et l'héritage qu'il souhaite laisser aux générations futures.
Faut-il encore vous présenter ?
Je me définis comme le promoteur d'une Afrique élégante et inspirante. Je laisse au reste du monde le soin de promouvoir une Afrique misérabiliste. Moi, je préfère montrer la plus belle garde-robe de l'Afrique. Mon travail consiste à mettre en lumière ce qui a trop longtemps été caché et à révéler les richesses de notre continent.
Vous étiez présent l'an dernier et vous êtes encore là cette année. Cela signifie que Héritages & Horizons est un événement qui vous tient à cœur ?
Absolument. C'est un événement de très grande qualité. L'organisation est irréprochable et je tiens sincèrement à féliciter toute l'équipe qui a imaginé ce magnifique concept.
L'objectif est clair : nous sortir des ghettos, aussi bien dans nos mentalités que dans l'image que nous projetons de nous-mêmes. Les générations futures ne doivent plus être enfermées dans des représentations négatives. Nous devons cesser de montrer uniquement les taudis, les bas-fonds et les difficultés, alors que nos ancêtres se sont battus pour nous hisser à un certain niveau de dignité. Aujourd'hui, je pense que nous sommes sur la bonne voie.
En réalité, ma collaboration avec Héritages & Horizons ne date pas de l'année dernière. Elle remonte à 2021, en pleine période de la Covid-19, lorsque Serge Waka avait organisé à Paris un événement exceptionnel. J'avais déjà été impressionné par sa vision et son professionnalisme.
Lorsqu'il m'a invité à Montréal l'année dernière, je n'ai pas hésité une seule seconde. Et chaque fois qu'il fera appel à moi, je répondrai présent.
Serge Waka est un homme profondément respectueux, bien éduqué et d'une grande intégrité. C'est une véritable pépite. Je ne suis d'ailleurs pas surpris qu'il soit Camerounais, car le Cameroun est mon pays de cœur. Chaque fois qu'un Camerounais s'est associé à l'un de mes projets, celui-ci a connu le succès.
Le Cameroun est une locomotive de l'Afrique centrale. Avec davantage d'organisation, ce pays pourrait accomplir des choses extraordinaires. Les Camerounais sont entreprenants, créatifs et travailleurs ; il faut le reconnaître.
Je suis très heureux de collaborer avec Serge Waka, notamment en raison de sa grande probité morale. Je vais vous donner un exemple : l'année dernière, nous n'avions même pas signé de contrat. Après mon passage au Canada, je suis parti aux États-Unis avant de rentrer chez moi, à Accra. À mon arrivée, j'ai constaté que la rémunération qui m'était due avait déjà été versée sur mon compte. Ce sont des gestes qui témoignent du sérieux d'un homme.
On parle beaucoup d'héritage. Quel héritage souhaitez-vous laisser ?
J'aimerais que l'on se souvienne de moi comme d'un homme qui a consacré sa vie à collecter, préserver et partager le maximum de connaissances afin de contribuer, modestement mais sincèrement, à redorer le blason du continent africain. Si mon travail peut permettre à quelques personnes de regarder l'Afrique autrement, alors j'aurai accompli ma mission.